Un engagement pour la parité en sciences ancré dans les valeurs de l’École
En ouvrant la soirée, la présidente de l’ENS Paris-Saclay, Nathalie Carrasco, a rappelé combien la science est, par essence, un espace de liberté intellectuelle et d’émancipation. Parce qu’elle s’appuie sur la qualité de la pensée plutôt que sur l’origine, le genre ou le milieu social, la science a « structurellement besoin » de diversité dans les profils, les trajectoires et les façons de poser les questions.
L’ENS Paris-Saclay s’inscrit de longue date dans cette exigence d’excellence inclusive : formation par la recherche, curiosité, ouverture au monde, liberté de penser par soi-même et refus de laisser des talents « sur le bord du chemin » qui structurent le projet de l’École. Depuis plusieurs années, grâce au soutien de mécènes, l’établissement accompagne financièrement et humainement des normaliennes, qui deviennent à leur tour ambassadrices auprès de collégiennes et lycéennes.
Éveiller, accompagner, éclairer : les 3 piliers du Cercle Femmes de Sciences
Le Cercle Femmes de Sciences vise à amplifier ce mouvement en construisant un réseau vivant au service des femmes scientifiques de l’ENS Paris-Saclay, du premier jour à l’École jusqu’aux plus hautes responsabilités académiques. Il repose sur trois piliers complémentaires : éveiller les vocations scientifiques dès la maternelle et le secondaire, accompagner les étudiantes grâce à un programme de bourses et de mentorat, éclairer enfin les mécanismes d’inégalités via des chaires de recherche et des outils d’aide à la décision, comme la chaire Orientation et égalité des chances portée par Julien Randon-Furling.
En appelant mécènes, partenaires et alumni à rejoindre ce Cercle, Nathalie Carrasco a insisté sur l’impact collectif d’un engagement philanthropique durable : investir dans les femmes de sciences, c’est investir dans le renouvellement de la recherche française et dans la capacité du pays à mobiliser tous ses talents.
Le mécénat, « propulseur de trajectoires »
Invitée d’honneur du dîner, l’astronaute et ancienne ministre Claudie Haigneré a livré un témoignage inspirant sur la force des rencontres, de la transmission et de la confiance. Revenant sur son propre parcours – du rêve d’enfant devant les images du premier pas sur la Lune jusqu’aux missions à bord de la station spatiale internationale – elle a montré comment quelques déclics et une « bulle de confiance » peuvent transformer une vocation en trajectoire scientifique exceptionnelle.
Claudie Haigneré a également souligné le rôle décisif de la coopération et de la diversité des talents dans les grandes aventures scientifiques, à l’image de la Station Spatiale Internationale, construite et opérée par des nations qui choisissent de travailler ensemble au-delà de leurs désaccords. Dressant un parallèle avec le spatial, elle a décrit le mécénat comme un « propulseur de trajectoires » : il ne finance pas seulement des projets, mais des possibilités, en permettant à des étudiantes brillantes mais fragiles économiquement d’accéder à une formation d’excellence ou d’oser des projets de recherche ambitieux.
Des normaliennes engagées pour ouvrir le champ des possibles
Clara Mancidor et Fantine Moccelin, normaliennes lauréates de la bourse Femmes en sciences de Qube Research & Technology Charity Fund, ont illustré par leurs témoignages l’impact concret du soutien de l’École et de ses mécènes sur leurs parcours et leur engagement en faveur de la parité.
Clara a raconté ses interventions dans les collèges et lycées, où elle partage son expérience à l’ENS Paris-Saclay et sensibilise les élèves (filles et garçons) à la richesse des parcours scientifiques. Son objectif : éveiller la curiosité, faire tomber les stéréotypes et montrer que les sciences sont un espace ouvert à toutes et à tous. Fantine a souligné l’importance de la communication et de la mise en lumière de parcours inspirants. Elle publie des portraits de femmes scientifiques, choisies pour leur accessibilité plutôt que pour leur notoriété sur compte Instagram femmes_en_sciences_ens_ps, Elle a également annoncé le lancement prochain de vidéos courtes, destinées à toucher un public plus large et à renforcer l’impact de ces témoignages.
Le président de la Fondation ENGIE, Jean-Pierre Clamadieu, a pris la parole avec enthousiasme pour renouveler de son soutien à l’ENS Paris-Saclay. Il a insisté sur la richesse que représente la diversité des parcours dans les sciences et la recherche, affirmant que l’excellence naît de la confrontation des idées et des expériences. Il a également souligné l’importance de sensibiliser les plus jeunes dès le début de leur parcours scolaire, afin que la curiosité pour les sciences devienne une chance offerte à tous, indépendamment du genre ou du milieu social. Son témoignage a rappelé que l’engagement des mécènes dépasse le simple soutien financier : il crée des opportunités et des modèles qui inspirent les générations futures.
Claudie Haigneré a conclu en lançant un appel à la responsabilité collective : former des scientifiques, des ingénieurs et des chercheurs, c’est aussi former des exploratrices et explorateurs capables de coopérer, de penser le temps long et de redonner confiance en l’avenir. « Les plus grandes aventures humaines commencent toujours par un acte de confiance », a-t-elle rappelé, invitant les mécènes à continuer de faire confiance aux talents féminins, à la jeunesse et à celles et ceux qui contribuent à sa formation.
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