Cercle Femmes de Sciences
Les pionnières du Cercle Femmes de Sciences
Aucun métier n’est aujourd’hui réservé aux garçons, on a besoin de tous les talents. Il ne faut laisser personne vous dire que ce n’est pas pour vous, parce que vous en êtes capable et sincèrement, par expérience, ce désir-là peut vous porter très loin. À toutes les jeunes filles qui doutent encore : vous n’avez pas besoin d’être parfaites pour viser les étoiles.
Biographie de Claudie Haigneré
Claudie Haigneré incarne l’audace scientifique à son plus haut niveau. Médecin rhumatologue, docteure en neurosciences, première femme astronaute française sélectionnée par le CNES en 1985, Claudie Haigneré participa à deux missions spatiales, à bord de la station MIR en 1996, puis à bord de la station spatiale pour l’ESA en 2001. Elle est la première Française à séjourner dans l’espace et la première européenne à séjourner à bord de la Station spatiale internationale. Femme de sciences engagée, elle met son expertise au service du progrès collectif. Après sa carrière spatiale, elle s’investit dans l’action publique, en tant que ministre déléguée à la Recherche et aux nouvelles technologies, puis aux Affaires européennes. En 2009, elle crée Universcience qui a pour mission de décloisonner les savoirs et « mettre la science en culture », puis en prend la présidence. Claudie Haigneré porte en elle cette conviction profonde que la science libère autant qu'elle invente. Son parcours le prouve sans détour : l'excellence, la détermination et la curiosité ne connaissent pas de frontières. Aux jeunes générations, elle offre ce message simple et vertigineux : l'ambition n’a ni limites terrestres, ni limites célestes.
Je rêve d’égalité des chances. La société n’est malheureusement pas égalitaire et il faut en tenir compte. Il est de notre responsabilité dans l’enseignement supérieur et la recherche de corriger ces biais sociaux et notamment au moment clés des recrutements pour savoir encourager tous les talents. Que tous ceux et celles qui souhaitent s’engager dans ce beau domaine puissent et osent le faire, et bénéficient des meilleures conditions dans le cadre de leurs études puis dans l’exercice de leur profession. C’est ce que j’aspire à mettre en place au sein de l’ENS Paris-Saclay.
Biographie de Nathalie Carrasco
Normalienne (chimie, promotion 1998), Nathalie place la recherche au cœur des grands défis scientifiques et sociétaux. Après une thèse en chimie atmosphérique appliquée à la qualité de l’air, elle oriente ses travaux vers la chimie des atmosphères planétaires, explorant en laboratoire les processus qui pourraient favoriser l’émergence de la vie sur d’autres mondes comme Titan, une lune de Saturne. Elle est également reconnue pour son engagement fort en faveur des femmes en science. Ses contributions ont été récompensées par le Prix Irène Joliot‑Curie en 2016 et par l’Ordre national du Mérite en 2017.
Depuis 2022, elle préside l’École normale supérieure Paris‑Saclay, où elle impulse une vision d’excellence scientifique ouverte et ancrée dans les enjeux environnementaux, sociétaux et éducatifs. À travers sa gouvernance, elle œuvre à développer des synergies entre enseignement, recherche et innovation pour former de futurs leaders scientifiques engagés.
Trop longtemps, les femmes ont dû choisir entre excellence et conformité, entre carrière et acceptabilité sociale. Je ne m'y résous pas. Une femme doit pouvoir se réaliser pleinement — sans s'excuser d'être ambitieuse. Comme cela doit être agréable de ne pas avoir à négocier sa légitimité en permanence. Et avoir le droit à l'erreur car on exige souvent des femmes une irréprochabilité absolue. Il faut s'engager, ensemble, chaque jour, pour changer les regards. L'égalité se construit sur le terrain, par le refus d'accepter les inégalités comme une fatalité et la volonté collective d'évoluer pour qu’aucune jeune fille ne grandisse en pensant que l'ambition est un défaut.
Biographie d'Anne Peyroche
Diplômée de l'École normale supérieure de Paris-Saclay (biologie, promotion 1991), titulaire d'une thèse de l'Université Pierre et Marie Curie (devenue Sorbonne Université) et d’une habilitation à diriger des recherches de l’Université Paris-Sud (devenue Université Paris-Saclay) et lauréate du Prix Irène Joliot-Curie, Anne Peyroche a conjugué parcours scientifique et institutionnel. Elle débute sa carrière en 1999 au CEA Saclay, où elle mène pendant quinze ans des recherches en génétique et biologie moléculaire, portant notamment sur le protéasome et les réponses aux dommages de l'ADN. Elle y dirige une équipe, encadre de nombreux étudiants et publie dans des revues de premier plan telles que Nature, Molecular Cell ou PNAS. En 2014, elle rejoint le Secrétariat d'État à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche comme conseillère Recherche puis directrice adjointe de cabinet, avant de devenir directrice générale Déléguée à la Science du CNRS de 2016 à 2018. Elle réintègre ensuite le CEA en juin 2020 en tant que chargée de mission pour le partenariat avec l'Université Paris-Saclay. Depuis janvier 2023, elle occupe le poste de vice-présidente en charge de la stratégie et des moyens de l'ENS Paris-Saclay.
En tant qu’enseignante, femme et mère, je tiens à encourager les jeunes femmes à ne pas limiter leurs ambitions et à croire en leurs projets. Il est tout aussi essentiel de montrer que les hommes peuvent être des alliés et agir, eux aussi, pour plus d’égalité.
C’est le sens des actions que je mène auprès des scolaires à l’ENS Paris-Saclay : faire progresser la mixité dans toutes les disciplines et ouvrir la voie à un avenir plus riche et plus inclusif.
Biographie de Claire Lambard
Normalienne (langues, promotion 2007) et agrégée d’anglais, Claire Lambard incarne un engagement constant en faveur de la transmission des savoirs. Après un début de carrière dans l’enseignement secondaire, elle rejoint l’ENS Paris-Saclay en 2015 comme enseignante, notamment auprès des élèves spécialistes d’autres disciplines scientifiques, contribuant à renforcer la place des langues dans la formation des normaliennes et des normaliens et le dialogue entre les champs du savoir. Directrice du Département d’Enseignement et de Recherche Anglais depuis 2022, elle contribue à structurer l’enseignement des langues au sein de l’ENS Paris-Saclay tout en portant une ambition claire : élargir l’accès aux formations d’excellence et encourager toutes les vocations. Nommée chargée de mission en 2020 puis référente égalité, elle s’engage activement sur les questions d’égalité professionnelle, de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et de promotion de la mixité dans les filières. Référente diversité et inclusion depuis 2023, elle pilote également des actions destinées aux publics scolaires et travaille avec la Présidence pour favoriser une plus grande diversité sociale et géographique dans les recrutements de l’École.
Ne jamais se fixer de barrière, ne pas se dire « ce n’est pas pour moi », c’est le conseil que je donnerais à une étudiante aujourd’hui. Être une femme dans les domaines professionnels dits masculins (sciences, technologies, finance..) qui manquent encore de parité, est un atout. Je souhaite que les jeunes filles aient confiance en elles et soient ambitieuses.
Biographie de Charlotte Vandeputte
Normalienne (économie-gestion, promotion 1997), Charlotte Vandeputte découvre très tôt le goût des chiffres et de l’analyse. Après l’agrégation, elle s’oriente vers l’audit financier et rejoint Deloitte en 2001. Depuis plus de vingt ans, elle y mène une carrière exemplaire, certifiant les comptes de grands groupes bancaires internationaux et contribuant, par son métier, à la confiance des marchés. Associée depuis quinze ans et membre du comité exécutif entre 2021 et 2025, elle a profondément transformé la politique de ressources humaines du cabinet : revalorisation salariale, diversification des recrutements, modernisation de la formation et progression de la parité. Ces actions ont contribué à hisser Deloitte parmi les meilleures entreprises où travailler en France. Nommée en 2025 Associée responsable des activités Audit & Assurance pour le secteur financier, elle dirige désormais 500 collaborateurs. Son ambition : renforcer le collectif, développer l’innovation – notamment grâce à l’intelligence artificielle – et maintenir un haut niveau d’excellence au service de l’intérêt général.
Biographie d'Elisabeth Claverie de Saint Martin
Normalienne de la promotion 1995, agrégée d’économie et de sciences sociales, Elisabeth Claverie de Saint Martin incarne une trajectoire d’engagement public au service de l’État et de l’intérêt général. Après l’ENS Paris-Saclay et un début de parcours comme enseignante-chercheuse, elle rejoint l’ENA pour ouvrir une nouvelle voie : celle de la haute fonction publique. Commence alors une carrière internationale exigeante, marquée par des responsabilités au sein des ministères, auprès des institutions européennes, puis à la Banque mondiale et au FMI. En 2021, elle devient la première femme nommée à la tête du CIRAD, organisme stratégique dédié aux enjeux agricoles, climatiques et de développement. De l’ENS Paris-Saclay, elle dit avoir gardé une méthode : analyser en profondeur, ne jamais renoncer à comprendre un sujet nouveau et décider avec rigueur. Cette exigence l’a accompagnée aussi bien dans les dossiers européens que dans les questions de sécurité, de climat ou de biodiversité. Fille de parents modestes, elle voit dans son parcours la preuve concrète de la promesse républicaine : des écoles publiques capables d’ouvrir toutes les portes. Aux jeunes générations, elle transmet un message de confiance : cultiver la curiosité, multiplier les expériences et oser des chemins inattendus.
Biographie d'Eléonore Crespo
Normalienne de la promotion 2008 en physique, Eléonore Crespo a fait de la donnée un levier de transformation des organisations. Après l’ENS Paris-Saclay, où elle acquiert rigueur scientifique et méthode d’analyse, elle complète son parcours à l’École des Mines, puis rejoint des entreprises comme Google et JCDecaux. En 2019, elle co-fonde Pigment, plateforme de pilotage stratégique qui permet aux entreprises de transformer leurs données brutes en décisions éclairées. Depuis, la startup connaît une ascension exceptionnelle : levée de 400 M€, entrée dans le cercle des licornes françaises, et compte parmi ses clients des leaders mondiaux comme Unilever, Uber, Anthropic et Siemens. Attachée aux valeurs héritées de l’École, Eléonore Crespo revendique une démarche proche de la recherche : explorer, tester, documenter avant d’agir. Elle s’engage également pour un usage responsable de l’IA et pour une innovation européenne souveraine. Aux étudiantes et étudiants d’aujourd’hui, elle adresse un message simple : la curiosité et l’audace ouvrent toutes les voies.
Biographie de Clémence Lenoir
Normalienne de la promotion 2010 en économie-gestion, Clémence Lenoir choisit l’ENS Paris-Saclay avec une idée déjà claire : se donner les moyens de faire de la recherche. Sa première année à l’École est un « choc intellectuel » qui l’amène à préciser son projet. Après des stages contrastés, elle s’oriente vers l’économie du développement puis vers l’économie internationale, qu’elle étudie à l’ENSAE et à la Paris School of Economics. Sa thèse, réalisée au Centre de recherche en économique et statistique (CREST) en tant qu’administratrice de l’Insee, la plonge au croisement des modèles théoriques et des données empiriques. Un séjour à l’Université de Yale achève de la convaincre : c’est au dialogue exigeant entre recherche et action publique qu’elle souhaite consacrer son énergie. En 2019, elle rejoint la direction générale du Trésor, puis devient conseillère macro-économie auprès de Bruno Le Maire, d’Élisabeth Borne et enfin de la Présidence de la République. Son travail consiste à éclairer les politiques publiques par l’analyse des chiffres : emploi, fiscalité, logement. Elle y cultive une méthode héritée de l’ENS Paris-Saclay : rigueur du raisonnement, goût du débat contradictoire et capacité à déconstruire les mécanismes économiques pour en mesurer les effets réels. À terme, elle souhaite élargir encore son horizon vers une institution internationale, convaincue que l’économie doit rester au plus près des grands enjeux collectifs.
Il est crucial de montrer à quel point les métiers de la recherche, dans toute leur diversité, ont un impact sur la société. Faire progresser la connaissance, répondre par la recherche et l’innovation aux enjeux sociétaux auxquels nous faisons face, sont des questions primordiales pour les jeunes générations : il faut aller à leur rencontre autant qu’on le peut, pour donner le gout des sciences, et limiter l’auto-censure qui parfois bride l’élan de certains vers les sciences.
Biographie d'Anne-Isabelle Etienvre
Entrée à l’ENS Paris-Saclay en 1998, Anne-Isabelle Etienvre y découvre ce qu’elle appelle « l’ADN » de son parcours : l’alliance de la recherche et de l’enseignement, la proximité avec l’université et l’esprit d’équipe des promotions à taille humaine. Agrégée de sciences physiques, docteure en physique des particules à l’IJCLab d’Orsay, elle rejoint le CEA dès la fin de sa thèse. Elle conjugue rapidement excellence scientifique et responsabilités managériales : direction du service de physique des particules, puis de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers. Après avoir été conseillère recherche au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, elle devient directrice de la recherche fondamentale du CEA, avant d’être nommée en 2025 administratrice générale. À la croisée de la recherche et de l’industrie, elle pilote des chantiers majeurs: nucléaire, microélectronique, supercalculateurs, intelligence artificielle, innovations en santé. Convaincue que la science est un bien commun, elle défend une parole scientifique accessible et s’engage pour la place des femmes dans les sciences, appelant à lever l’autocensure et à inspirer les vocations. Pour elle, l’ENS Paris-Saclay fait émerger « les pépites qui feront les ruptures de demain ».
Je me suis interrogée dans le passé sur ma place dans un monde majoritairement masculin. Je souhaite que ce soit plus facile et plus simple pour les générations futures. Les hommes doivent être des alliés en agissant (pro)activement pendant leurs études et leurs activités professionnelles en soutenant et en mettant en valeur les femmes scientifiques et ingénieures au côté desquelles ils évoluent.
Biographie d'Aurélie Jean
Ancienne élève de l’ENS Paris-Saclay (promotion 2002), Aurélie Jean a construit un parcours international à la croisée de la recherche, de l’entrepreneuriat et de la transmission. Formée à la mécanique numérique et au génie civil, puis docteure en sciences des matériaux et en morphologie mathématique, elle poursuit sa carrière aux États-Unis : post-doctorat en modélisation médicale, recherche au MIT, puis développement de modèles algorithmiques chez Bloomberg. Convaincue que le virtuel permet de mieux comprendre le réel, elle commence en 2020 un projet de recherche indépendant qui donnera deux ans plus tard une startup deeptech dédiée à la médecine préventive des femmes par l’IA. Parallèlement, elle a enseigné au MIT Sloan School of Management et s’engage fortement dans la vulgarisation scientifique à travers livres et tribunes. Attachée aux valeurs d’égalité des chances, elle s’investit pour attirer davantage de jeunes femmes et de profils issus de milieux variés vers les carrières scientifiques. Pour elle, les normaliens ont un rôle essentiel : éclairer le débat public, transmettre le goût des sciences et redonner aux générations suivantes.
Dans mon travail, j’ai peu conscience de mon genre. Je ne perçois pas de discrimination au quotidien. Par contre, il m’est arrivé de rencontrer des comportements sexistes. Ils surviennent souvent de façon impromptue. Il faut savoir y réagir vite, avec humour ou fermeté, mais surtout ne jamais se laisser impressionner.
Biographie de Corine Waroquiers
Normalienne de la promotion 2000 en langues étrangères, Corine Waroquiers a construit un parcours singulier à la croisée du conseil, de l’entrepreneuriat et de l’action publique. Agrégée d’anglais, elle débute par plusieurs années d’enseignement en classes préparatoires et en école d’ingénieur, tout en poursuivant une formation en sociologie à Sciences Po.
Animée par le goût de l’innovation, elle s’ouvre ensuite à d’autres horizons : missions à l’Unesco, expérience au Rwanda, conseil chez Mazars, puis création de deux entreprises dédiées au financement de porteurs de projets. Elle développe une expertise reconnue dans la levée de fonds.
La crise sanitaire marque son retour au service de l’État au sein des Services du Premier Ministre. Après la Direction Interministérielle du Numérique, elle rejoint en 2023 le Secrétariat Général pour l’Investissement, où elle pilote des projets de financement dans le cadre du plan France 2030.
Ses enjeux : mobiliser les écosystèmes du numérique pour créer des ponts entre acteurs publics et privés et faire du financement public un levier de développement économique et social.
Dans ma discipline, la mécanique, et encore plus dans le milieu dans lequel j’évolue au Ministère des Armées, le caractère joue beaucoup. Je ne pense pas qu’il y ait forcément un problème de genre, c’est plutôt un modèle unique de fonctionnement qu’il faut réinterroger. Un modèle où les carrières doivent être linéaires avec des jalons posés dans le temps et où les collègues doivent avoir une certaine attitude. C’est la diversité qui fait la créativité, que l’on parle de caractère, de genre, de discipline, de parcours ou de nationalité !
Normalienne de la promotion 2007, Christelle Combescure a fait de sa passion pour les structures et les matériaux le fil rouge de son parcours. D’abord attirée par l’architecture, elle découvre à l’ENS Paris-Saclay le goût de la recherche en génie civil et en mécanique. Fascinée par les ponts, le béton et les phénomènes sismiques, elle effectue un stage à Montréal autour d’une table sismique, puis une thèse CIFRE chez EDF consacrée au comportement des structures sous sollicitation extrême.
Après un post-doctorat aux États-Unis puis à l’École polytechnique, elle passe par la R&D chez Safran avant de rejoindre l’Université Gustave Eiffel comme maîtresse de conférences. En 2020, elle est détachée à l’Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, où elle enseigne la mécanique aux élèves officiers et dirige depuis 2023 le pôle Sciences de l’Ingénieur pour l’Armée de Terre. Ses recherches portent sur les matériaux architecturés, légers et performants mais sujets à des instabilités qu’il faut savoir prédire pour garantir la sécurité des infrastructures. Elle y voit un champ scientifique en plein essor, au croisement de la théorie et des applications concrètes.
Normalienne de la promotion 2000 en sciences sociales, Mathilde Grammont a construit un parcours au service de l’intérêt général, entre diplomatie européenne et contrôle des politiques publiques.
Dès l’ENS Paris-Saclay, son engagement se nourrit d’une passion pour l’histoire européenne : échange Erasmus à Berlin, magistère de sciences sociales, puis master à Sciences Po.
Lauréate du concours d’Orient du Quai d’Orsay, elle devient conseillère des Affaires étrangères et participe aux grandes étapes de l’élargissement de l’Union européenne, notamment aux négociations d’adhésion de la Turquie et de la Croatie.
De Bruxelles à Rome, puis Ankara, elle conjugue travail politique, communication publique et gestion de crises, avant de rejoindre en 2023 la Cour des comptes comme conseillère référendaire. À chaque étape, elle s’appuie sur les acquis de l’ENS Paris-Saclay : interdisciplinarité, esprit critique et capacité à prendre du recul pour éclairer la décision. Pour elle, ces qualités expliquent la présence de nombreux normaliens dans la haute fonction publique.
Engagée pour l’égalité femmes-hommes, cofondatrice de l’association « Femmes et diplomatie », elle défend une vision exigeante mais humaine du service public, où réussite professionnelle et vie personnelle doivent pouvoir s’articuler.
Biographie de Florence Niedergang
Normalienne de la promotion 1990 en biologie-biochimie, Florence Niedergang a bâti une carrière scientifique d’envergure internationale. Après l’agrégation puis une thèse menée à l’Institut Pasteur, elle s’oriente définitivement vers la recherche en immunologie. Un post-doctorat à Lausanne, un passage à l’Institut Curie, puis son arrivée à l’Institut Cochin en 2005 marquent les grandes étapes d’un parcours guidé par la curiosité et le goût de transmettre.
À Cochin, elle crée l’équipe « Biologie des Phagocytes, Infection et Immunité », consacrée à l’étude des cellules qui orchestrent la défense de l’organisme face aux bactéries et aux virus. En 2022, elle prend la direction de cet institut majeur de la recherche biomédicale européenne, qui rassemble 600 chercheurs et ingénieurs. Elle y défend une vision exigeante : maintenir une recherche fondamentale de haut niveau tout en renforçant la médiation scientifique auprès du grand public.
Pour les nouvelles générations, son message est clair : écouter son instinct, oser les bifurcations et persévérer, car la recherche reste « un métier extraordinaire ».
Biographie d'Eléonore Arfan
Normalienne de la promotion 2002 en génie mécanique, Eléonore Arfan exerce un métier rare qu’elle décrit comme « le plus littéraire des métiers scientifiques ». Après un parcours académique atypique — réorientation vers les sciences de la matière, magistère à l’ENS Paris-Saclay, master en méthodes numériques puis doctorat au LMT — elle choisit de ne pas suivre la voie de l’enseignement-recherche pour explorer d’autres horizons. Curieuse et déterminée, elle complète sa formation par un master d’économie-gestion puis par un diplôme en droit de la propriété intellectuelle. En 2009, elle découvre le métier d’ingénieure brevet : un travail à la frontière de la technique, du droit et de l’écriture, au contact permanent des inventeurs et des chercheurs. D’abord chez Novagraaf, puis au cabinet historique Santarelli, elle accompagne la naissance d’innovations, rédige et défend des brevets, devenant en 2021 associée du cabinet. Son parcours illustre une liberté assumée : construire un chemin sur mesure, nourri de sciences, de culture générale et d’ouverture disciplinaire. De l’ENS Paris-Saclay, elle retient une méthode, une capacité à « apprendre à apprendre » et une culture scientifique qui lui permet d’aborder des domaines très variés.