Cercle Femmes de Sciences

Rencontres au féminin pluriel : un nouveau rendez-vous de la rentrée pour donner la parole aux femmes

Le 7 septembre 2026, l'ENS Paris-Saclay a réuni normaliennes et étudiantes pour la première édition des Rencontres au féminin pluriel. Une soirée pensée en deux temps, entre l’amphithéâtre et moment de convivialité, pour raconter une seule et même histoire : celle d’un réseau qui se construit à tous les âges du parcours.

Published on

Un chiffre qui donne le ton

Nathalie Carrasco, présidente de l'ENS Paris-Saclay, a lancé la soirée en rappelant un chiffre qui allait résonner jusque dans les témoignages des étudiantes qui ont pris la parole : le taux de féminisation de l'École plafonne à 30 %, loin de l'objectif de parité.

Ce déséquilibre ne se corrige pas sans agir. C’est la raison d’être du Cercle Femmes de sciences de l’École : créer des occasions de rencontre et permettre aux étudiantes de connaître d’autres femmes scientifiques, de découvrir leurs parcours et de se projeter à leur tour. Une amplification du programme égalité, diversité et inclusion coordonné par Claire Lambard, référente égalité de l'ENS Paris-Saclay : bourses, exposition « Paroles de Femmes », unité d’enseignement en études de genre, conférences… Autant d’initiatives que la suite de la soirée a illustré très concrètement, d’abord par la voix des étudiantes, puis par celle des alumnae.

Le relais des étudiantes 

Avant même d’être des modèles pour celles qui les suivront, les étudiantes présentes sont déjà, à leur échelle, des relais entre les générations.

Fantine (chimie, promo 2026) lauréate de la bourse Femmes en sciences 2025-2026, intervient ainsi dans les classes de lycée. Elle y retrouve, amplifié, le déséquilibre évoqué en ouverture: en classe mixte, les filles restent en retrait pendant que les garçons occupent l'espace. Ce constat l'a poussée à réaliser des portraits de femmes scientifiques, pour pallier ce manque de visibilité.

Svetlana (mathématique, promo 2026), Morgane (physique, promo 2026) et Safia (physique, promo 2026) s’engagent elles aussi pour donner aux plus jeunes l’envie de se projeter dans les sciences. Au travers des Rencontres des jeunes mathématiciennes et informaticiennes (RJMI) et les Rencontres des jeunes physiciennes (RJPh), elles participent à des week-ends immersifs organisés à l’ENS Paris-Saclay, qui permettent à des lycéennes de découvrir les sciences, la vie d’une grande école et les parcours qui peuvent s’offrir à elles. Elles ont rappelé au passage que les femmes ne sont que 12 % en sciences fondamentales et sciences pour l’ingénieur à l'ENS Paris-Saclay.

Clara, à travers son projet de marrainage/ parrainage auprès d'une classe de CM2, défend l'idée que la science ne se limite pas aux sciences fondamentales et que les sciences humaines et sociales méritent, elles aussi, leur place dans ces programmes de sensibilisation. Pendant quatre semaines, des étudiantes et étudiants de l’École ont accompagné les élèves autour d’un projet consacré à l’immigration irlandaise aux États-Unis, de la Grande Famine à la constitution d’une communauté. L’objectif était de faire découvrir cette histoire autrement, à travers un cours interactif et des ateliers créatifs.

Le relais des alumnae : des parcours pour se projeter

Le passage de l'amphithéâtre au Hall Emmy Noether ouvre un nouveau temps : celui de la rencontre et de l’échange direct avec des alumnae aux parcours variés. 

Céline Jégat (chimie, promo 2018), aujourd’hui responsable du pilotage de la gestion des ressources contractuelles, revient sur sa « crise existentielle » en thèse et invite les étudiantes à « frapper à des portes qui ne semblent pas naturelles, voire qui font peur ».

Alice Tagger (SHS, promo 1995) témoigne de son parcours dans le conseil puis la green tech et de l’agilité intellectuelle que lui a apportée sa formation à l’École.

Hien-Han Nguyen (SHS, promo 2003) a longtemps eu du mal à se considérer comme scientifique. Après avoir été DRH dans plusieurs grands groupes, elle dirige aujourd’hui son propre cabinet de coaching et reconnaît, avec le recul, le caractère scientifique de son approche fondée sur l’analyse et l’observation.

Florence Niedergang (biologie, promo 1990) raconte comment son année d’agrégation lui a permis d’« ouvrir tous les toits en même temps » et défend la démarche scientifique comme une boussole du quotidien, bien au-delà du laboratoire.

Enfin, Anne Rougée (mathématiques, promo 1979), passée par l’imagerie médicale avant de fonder la Comédie des Ondes, présente la science comme un moyen d’émancipation sociale.

Cinq parcours, cinq trajectoires singulières qui montrent qu’il n’existe pas une seule manière de faire des sciences ni une seule façon de construire sa carrière.

Un même fil, du lycée jusqu'à la carrière

De la timidité observée en classe de seconde jusqu'aux détours de carrière assumés vingt ans plus tard, la soirée a fini par dessiner une même trajectoire, racontée à des âges différents par des voix différentes. C'est ce fil que Nathalie Carrasco résumait dès l'ouverture :

C'est ensemble que nous ferons bouger les lignes, et que nous amènerons plus de femmes à oser s'engager dans les sciences.

Les échanges informels qui ont suivi entre étudiantes, doctorantes, chercheuses et alumnae, n'étaient donc pas un simple moment de convivialité en marge du programme : ils en étaient la démonstration en direct : un réseau qui se tisse, précisément, en se parlant.

Rejoindre le Cercle Femmes de Sciences, c’est contribuer à faire vivre un réseau engagé pour donner davantage de visibilité aux femmes dans les sciences, transmettre son expérience et ouvrir de nouvelles voies aux générations futures.