Village mini-chercheurs, mini-chercheuses : 290 élèves découvrent la recherche à l’ENS Paris-Saclay

En amont de la Fête de la Science, 290 élèves de CM1-CM2 venus de Corbeille-Essonne, Grigny, Juvisy et Palaiseau ont investi l’ENS Paris-Saclay pour une journée dédiée à la découverte des sciences. Avec le soutien de la Fondation l’Oréal, treize ateliers étaient proposés au total, chaque classe participant à six d’entre eux. Nous avons suivi une classe.

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9h15. Les premiers groupes arrivent sur le campus de l’ENS Paris-Saclay. Dans les couloirs, les élèves observent, questionnent, commentent. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils franchissent les portes de l’École. Pendant cette journée, ils vont devenir, le temps de quelques heures, des mini-chercheurs et mini-chercheuses.

9h30 : Police scientifique : mener l’enquête

Première étape : « Police scientifique : venez mener l’enquête ». Les élèves sont immédiatement plongés dans une situation à résoudre à partir de plusieurs indices. Une tache rouge : est-ce bien du sang ou du ketchup ? Un verre contenant un liquide vert : s’agit-il d’alcool ou simplement de sirop de menthe ? Une lettre de rançon vient compléter les éléments à analyser.
Pour avancer dans leur enquête, les enfants doivent formuler des hypothèses, observer, expérimenter et confronter leurs résultats. Ici, la science n’est pas une réponse donnée à l’avance : c’est une méthode pour chercher, tester et comprendre.

10h05 : Voyage au cœur d’un océan de virus

Avant même de parler de virus, les élèves doivent d’abord deviner ce qu’ils observent au microscope. Ils découvrent un monde invisible à l’œil nu. Virus, cellules, levures… comment observer ce que nos yeux ne peuvent pas voir ? 
Puis vient la question centrale : comment un virus fonctionne-t-il ? Pour l’expliquer, les encadrants utilisent une image simple, celle d’une clé capable d’ouvrir certaines cellules. Les enfants comprennent ainsi comment un virus peut reconnaître une cellule cible.
À partir d’une nouvelle série d’images, les élèves doivent ensuite déterminer si les environnements présentés peuvent abriter des virus, qu’il s’agisse par exemple de l’Antarctique, de la peau, d’un poulailler. L’occasion aussi de dépasser une idée reçue : les virus ne sont pas tous synonymes de maladie et certains jouent un rôle dans le fonctionnement des organismes et des écosystèmes.

11h : Femmes en sciences : questionner, réfléchir, oser

Place ensuite à l’atelier « Femmes en sciences ». Ici, les enfants sont invités à prendre position, puis à expliquer leur raisonnement. Les questions les surprennent et les obligent à dépasser leurs premières intuitions : les animaux peuvent-ils voter ? Peut-on savoir si un cerveau appartient à un homme ou à une femme en le regardant ? Existe-t-il un GPS pour les fusées qui vont sur la Lune ?

À chaque fois, les encadrants les encouragent à argumenter et à confronter leurs idées. L’atelier devient ainsi un véritable espace de discussion, où les enfants apprennent autant à questionner les évidences qu’à chercher des réponses.
Pour nourrir les échanges, les élèves découvrent les parcours de plusieurs femmes scientifiques, parmi lesquelles Hedy Lamarr, Shelly Masi et Jane Goodall. Des parcours différents, dans des domaines et des époques variées, qui montrent concrètement la diversité des femmes qui ont contribué aux sciences et peuvent devenir autant de modèles auxquels les enfants peuvent s’identifier. L’objectif est aussi de faire naître des vocations. À la fin de l’atelier, une élève le formule spontanément : « Moi aussi, je veux faire des sciences. »

11h35 : Six mois d’expédition scientifique vers l’Antarctique : comment s’alimenter ?

Après avoir exploré les sciences du vivant et les parcours de femmes scientifiques, les élèves embarquent pour une autre aventure : une expédition scientifique en Antarctique.
Le défi du jour : imaginer comment nourrir une équipe pendant six mois. Quels aliments choisir ? Comment tenir compte de leur durée de conservation ? Que faire lorsqu’une personne est végétarienne ou intolérante au gluten ? Et comment prendre en compte l’empreinte carbone des aliments transportés ?
Un exercice très concret, qui fait écho au projet mené par la classe autour du voyage et de l’exploration. Les élèves comprennent que la recherche scientifique ne se limite pas au laboratoire : elle nécessite aussi d’anticiper, de résoudre des problèmes et de faire des choix.

13h30 : Textiles historiques : tissage et teinture

Les élèves découvrent comment les tissus étaient fabriqués, du tissage à la teinture.
Pour la première fois, l’atelier est animé par Julia Reitzer et Clarisse Barbot, doctorantes à l’ENS Paris-Saclay, qui mènent toutes deux une recherche en design par la pratique. Clarisse travaille sur les contraintes de conception et de production liées à la teinture, tandis que Julia s’intéresse aux interprétations possibles autour des textiles anciens.
L’atelier a été conçu avec cinq étudiantes du M2 Recherche en design (Elsa Dagnat, Alice Dauron, Juliette Inowlocki, Albane Perret et Camille Bonnaud ) qui ont participé à son organisation. Pour Julia, c’est l’occasion de faire découvrir son sujet de recherche aux enfants d’une manière concrète :

Je suis vraiment ravie d’avoir pu construire cet atelier avec les étudiantes du département de design et de faire découvrir mon sujet de recherche aux enfants d’une manière concrète. C’est un beau projet de transmission : partir de ce que nous étudions à l’ENS et le rendre accessible aux enfants, en leur permettant à leur tour d’expérimenter. 

14h : World Explorers : quand les mots voyagent


Dernière étape pour cette classe : « World Explorers ». Cette fois, ce sont les mots qui servent de fil conducteur.
À partir d’indices, les élèves remontent leurs origines et suivent leur circulation d’une langue et d’un pays à l’autre. Une façon ludique de comprendre que les langues se rencontrent, s’influencent et évoluent au fil des échanges.

 « Incroyablement incroyable »

Après six ateliers, il est temps de faire le bilan. Pour les élèves, le verdict est sans appel : la journée était « incroyablement incroyable ». Kettia, parent accompagnatrice, a elle aussi beaucoup apprécié l’expérience : «J’ai vraiment adoré cette journée. C’est une chance pour les enfants de pouvoir découvrir les sciences de cette manière. J’ai tellement aimé que je compte revenir ce week-end avec ma fille de 5 ans pour lui faire découvrir la science à son tour. »

Pour Madame Uriot, enseignante de la classe, c’était également une première visite à l’ENS Paris-Saclay.

J’ai été ravie de cette découverte. Les ateliers ont pleinement répondu aux objectifs que nous nous étions fixés : faire découvrir la science aux enfants de manière ludique, éveiller leur curiosité et leur permettre de réaliser des expériences concrètes, une approche qui n’est pas toujours facile à mettre en œuvre en classe. Je trouve cette expérience particulièrement enrichissante et marquante pour des élèves de cet âge. Elle leur offre une autre façon d’appréhender les sciences, en favorisant à la fois la découverte, la manipulation et l’émerveillement.

Et si votre don permettait à d’autres enfants de dire « Moi aussi, je veux faire des sciences » ?
Un don de 250 € finance un bus supplémentaire et permet d’accueillir 50 écoliers à l’ENS Paris-Saclay pour une journée de découverte des sciences. Un geste concret pour permettre à davantage d’enfants d’expérimenter, de questionner et de découvrir la recherche autrement.